La tradition hindoue révère presque toutes les rivières du sous-continent indien. Cette dévotion remonte au Rig Véda, l’un des plus anciens textes du monde, où les rivières terrestres sont considérées comme ayant des origines célestes. Dans la cosmogonie du Rig Véda, le processus rendant le monde habitable s’accompagne de la libération des eaux célestes par Indra, le dieu de la Foudre et des éclairs. (Rig Véda, 10.9). Comme dans l’histoire de La descente du Gange sur la Terre, nous retrouvons la symbolique de l’union du Feu et de l’Eau.
Les rivières terrestres sont considérées comme nécessaire au processus de la vie, et leur origines célestes en fait des objets de vénération. Un autre aspect important est le pouvoir purificateur des eaux vives en général. Le mot "Ganga" est dérivé de la racine "gam", signifiant "aller". Le mouvement rapide et énergique des eaux du Gange est l’une des raisons de son pouvoir purificateur. Sa pureté est lié également à sa proximité avec le Dieu Shiva, résidant dans les montagnes, près du lieu où le Fleuve prend sa source.
Le Gange est le fleuve éternel dans lequel la culture baigne sa mémoire, ses rites de naissance, de mariage, de mort, et de renaissance. C’est le rêve de tout Hindou de se baigner dans ses eaux, au moins une fois dans sa vie. Jawaharlal Nehru, le premier Premier Ministre de l’Inde, en faisait "le symbole de la civilisation Indienne : toujours changeant, coulant éternellement, et pourtant jamais le même Gange".
Selon les connaissances symboliques développées en Inde, le Fleuve a trois cours. Sur Terre, il est appelé Bhagirathi ou Gange ; dans les cieux, il est appelé Mandakini ; et dans les régions souterraines il est connu sous le nom de Bhogavati.
Pour les Hindous, la vérité absolue est recouverte par l’illusion du monde phénoménal : ceux qui se contentent des signes visibles, des manifestations extérieures, ne comprennent pas l’essence de la réalité.
Néanmoins…
Le Fleuve coule sur une longueur située entre 2500 et 3000 km, selon les méthodes utilisées pour effectuer les mesures. Il prend sa source à plus de 4000 mètres (certains donnent aussi le chiffre de 6600m) d’altitude dans le glacier de Gangotri dans l’Himalaya. Il se nomme alors Bhagirati, du nom du roi à l’origine de la descente du fleuve sur la Terre. Il se rue ensuite à travers des gorges spectaculaires et rejoint l’Alaknanda à Devprayag. Cette confluence marque véritablement la naissance du fleuve le plus sacré et le plus vénéré au monde. Il coule alors à 670 mètres au-dessus du niveau de la mer, à 56 km de Rishikesh. Ensuite, à partir de Haridwar situé à quelques 20 km de là, il entre dans la région des plaines du Nord de l’Inde pour se jeter dans le golfe du Bengal. Son bassin couvre 2 165 000 km² et son delta commun avec celui du Brahmapoutre 110 000 km². C’est le plus grand delta du monde : 400km du Nord au Sud, et 320 d’Est en Ouest.
Le Gange possède des capacités d’autodépollution étonnante, il profite d’une oxygénation dix à vingt fois supérieure à n’importe quel autre cours d’eau dans le monde. Il élimine ainsi quelque 80 % de la pollution organique en 2 km et en 30 minutes grâce aux bactéries. Si les articles concernant la pollution du Gange sont légions, ceux sur ses capacités d’autodépollution sont quasi inexistants.
Les Hindous n’en ont pas besoin, leur foi leur tient lieu de savoir, ils peuvent boire. Le Gange purifie ceux qui s’y baignent avec un amour et une foi inconditionnelle et plus la foi est parfaite, puis le dévot est capable, en tant que médiateur, d’effacer les péchés commis dans le monde par ses frères et soeurs, citoyens de la Terre.