Jour anniversaire de la naissance et de la de mort de
Tulsidas.
Bhola entreprend chaque année une
Nawapath.
Un prêtre vient tôt le matin
"installer" les divinités invitées.
Tout d’abord Le Kailash,
un pot de cuivre rempli d’eau
garni de feuilles de manguiers à son col
et sur lequel sera posé la noix de coco.
L’ensemble repose
sur une coupelle de riz.
Tout ce qui sera offert aux onze Brahmanes
accomplissant la nawapath
l’est aussi aux divinités invitées :
Dhoti, écharpe, sont posés sur la noix de coco.
Dès 6H30, je suis au temple.
Sudhakar, le neveu de Bhola est là,
je lui confie mon appareil de photo.
Bhola m’a chargé d’accomplir la cérémonie d’ouverture
Il y a des jours où on ne peut à la fois
participer et "faire son travail".
Mais pour moi, participer
fait partie de l’Acte de connaissance.
Sudhakar est un assistant de première !
Je m’assied face à l’Univers,
symbolisé par le Kailash
et accomplit les gestes rituels :
prendre des fleurs et des grains de riz
dans les paumes des mains jointes,
fixer son attention sur le Kailash tandis que le prètre récite des mantra, aspersion de gouttes d’eau, offrande d’encens, offrande de la flamme de l’
Aarti
…
Onze
Brahmanes viennent chanter le
Ramayana,
pendant neuf matinées,
et ça coûte beaucoup d’argent.
Le premier jour,
des vêtements leur sont offerts,
qu’ils mettront pendant les neuf jours que dure la path.
Tous les matins,ils boivent un verre de lait chaud,
avant de commencer.
En fin de matinée, du prashad est distribué. Chaque jour un repas est partagé avant de se séparer. Les fidèles du temple se mobilisent, chacun apporte sa contribution.
Ensuite je distribue le linge aux brahmanes qui vont se changer derrière le
Pipal, puis dépose les offrandes au Ramcaritmaanas : faire une tika à l’aide d’une fleur sur la couverture de chaque livre. Dernier rituel, qui lui, se répetera chaque matin : poser la tika de pâte rouge sur le front de chacun, une banane et deux roupies sur le maanas, et passer un collier de fleurs autour du cou des brahmanes.
Je termine par Bhola, et m’assois à la place que j’occupe chaque année, en face du maître, le maanas posé devant moi.
Malgré l’inconfort de la position qu’il faut tenir pendant cinq heures, le bruit des camions, la poussière, je prends plaisir à l’exercice.
Les pathistes se sont habitués à moi. La première fois, il y a deux ans, ils restaient très froids à mon égard ; cette année, nous échangeons sourires et paroles. Un homme est venu s’asseoir sur les sacs de jute posés là pour les passants désirant écouter. Il est resté toute la matinée, le maanas ouvert devant lui. Nous finissons à un peu plus de 13 heures, Bhola insiste pour que je déjeune avec eux. J’ai faim ! Le repas se compose de puri (galettes de blé frites), de légumes, et d’un dessert au lait. Il en sera ainsi les neuf jours que dure la path.
J’arrive chez moi vers 14H. Je n’ai pas le temps de poser mes affaires que Sonnou frappe à la porte, accompagnée de sa mère. J’avais été à son mariage en décembre 2002, elle vient me montrer son petit : il est adorable !
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