L’article Sadhu ; sanyasin traite de la notion de sadhu telle qu’elle est perçue et vécue en Inde.
Les ascétiques sont censés être détachés des biens de ce monde comme les feuilles le sont du lotus. Du fait de leur renoncement - non pas aux plaisirs du monde mais à l’attachement aux plaisirs du monde - Ils sont libérés de la souffrance, qu’ils considèrent avec le même détachement que le plaisir. Ils dépendent de la société active pour subvenir à leurs besoins les plus primaires : thé, nouriture, bois de chauffage etc… Nourrir un sadhu, c’est s’attirer ses bénédictions, sous la forme des paroles réconfortantes et conseillères qu’il prodige.
Il arrive que parvenus à un certain niveau de sagesse, les bienfaits qu’ils dispensent autour d’eux sont récompensés par des dons importants. Ils construisent des ashrams accueillants d’autres renonçants, des familles pauvres. Tous assurent le service de l’ashram en échange du logement et de la nourriture qu’ils reçoivent.
Leurs contacts avec la société sont économiques, mais aussi religieux. Ils entretiennent des relations suivies avec des "griha", ou "maître de maison", leur prodiguent des conseils lorsqu’ils ont des problèmes, des litiges, et même des ennuis de santé. Plus un ascète est reconnu spirituellement, plus le nombre des griha qui lui rendent visite est important, et plus son
Ashram prospère.
Des programmes peuvent être organisés proposant un enseignement spirituel basé sur des commentaires des écritures. Ainsi les griha ont de multiples occasions d’être en contact avec les ascétiques. La photo montre un groupe de pèlerin venus écouter des commentaires sur le Ramayan (Ramayana) lors d’une Kumbh mela.
Certains sadhus choisissent la solitude et l’errance. Ils entrent dans un village, y restent quelques jours, ou bien s’installent dans une grotte ou un abri non loin, et les villageois les visitent pour leur parler de leurs problèmes. Des femmes stériles, des malades viennent chercher du réconfort. Ils apportent eau, des offrandes selon leur moyen, toujours d’un coeur sincère.
L’existence des sadhu repose sur les valeurs accordées par l’hindouisme au don et au service. Le don (dana) et le service (seva) organisent la société, elles fondent le
Dharm (dharma).
Propositions :
Découvrir le Ramcharitmanas, le Lac Sacré des Actes de Ram, Ramayana réécrit en Hindi au XVI ème siècle. Il exerce une influence considérable sur la société hindoue, particulièrement dans le Nord.
Aller voir les sadhus à la Kumbha mela, kumbh mela… La fête du pot.
Aller rencontrer mes amis sadhu présents sur la colonne de gauche (en haut de la page).
Bonjour, Je viens de découvrir votre site sur les sâdhus. Quelle joie. Je vous écris pour vous informer que je viens de publier un livre sur ce sujet : En Français : "Sâdhus, Un voyage initiatique chez les ascètes de l’Inde" (éditeur : le Relié, Gordes, France). En Anglais : "Sadhus, Going beyond the dreadlocks" (Prakash Books, Delhi, India). Il est aussi traduit en Hindi par Diamond Pocket Books (New Delhi), et en Marathi par Padmagandha Prakashan (Pune).
Ce serait gentil de la mentionner sur votre site.
Il reste un pays où il est possible de ne pas adhérer aux valeurs de travail, de compétition, de réussite, où l’on peut être un « drop-out » et demeurer un homme respectable, et plus que respectable, loué, honoré. L’Inde est une civilisation qui offre le titre de saint au renonçant.
Les sâdhus sont les descendants des rishi mythiques qui, dans les vedas, sont les premiers hommes. Rishi signifie « voyant ». Ils sont décrits comme les premiers hommes qui eurent l’idée d’enquêter sur leur propre nature.
Les rishi découvrirent que « lorsque la conscience réside dans sa propre nature, le réel de l’état de veille disparaît. » Ils appelèrent cet état libération. Ils appelèrent les autres états de consciences soumission, servitude, samsara (succession de naissances), maya (illusion, méprise).
La servitude est produite par le manque de discrimination et disparaît avec la discrimination, comme la lumière fait disparaître les ténèbres, » promettent-ils. Cette lumière, cette discrimination, consiste à accorder au réel le statut d’un état transitoire de conscience, au même rang que l’état de conscience des rêves, et celui du sommeil profond. Dans cet état de conscience, la fonction mentale produit une séparation sujet-objet qui n’existe pas réellement, qui n’est qu’une production d’elle-même. Discriminer, dans cette philosophie, signifie concevoir cela.
Ils mentionnent un quatrième état de conscience, turîya, qui transcende les trois autres, état où le sujet et l’objet sont complètement dissous et la conscience en éveil, et que l’on connaît dans le samadhi, l’accomplissement de la méditation, « état de concentration parfaite dans le rassemblement ». La conscience face à elle-même, sans objet, se révélant à elle-même.
Amitiés, Patrick Levy