
Yajnopavitra se prononce Yagnopavitr, avec un "g" dur, comme dans "gâteau". "Yajna" signifie sacrifice, "pavitr" signifie pur. Ce fil est également appelé "yajna sutra" (prononcer "sutr"), "sutra" signifie "fil", c’est le "fil du sacrifice".
Le yajnopavitra est le fil sacré dont est revêtu un jeune garçon brahmane, ou kshatria, sudra. Lors de la cérémonie d’initiation (upanayan) avant son entrée dans l’adolescence. Si cette cérémonie n’a pas lieu, il est considéré comme un hors-caste. Par un rituel mettant en jeu le Feu, l’Eau, la Terre, l’Air, l’Ether (son), le jeune homme en devenir s’engage par des voeux à respecter les observations propres à sa caste. Les plus strictes s’adressent aux Brahmanes : pratique quotidienne du Gayatri mantra (aussi appelé Savitri), étude des Védas, célibat avant le mariage, restrictions alimentaires, observances des rituels quotidiens… Il portera ce fil jusqu’à la mort, bien qu’il m’est arrivé de rencontrer des brahmanes qui ne le portaient pas. À mon interrogation m’a été répondu : " je mange de la viande, et il m’arrive de boire de l’alcool. Je ne peux pas porter ce fil". Ainsi, même en étant irrespectueux de leurs traditions, ils les respectent…
Anecdote : Lorsqu’un deux-fois né va faire ses besoins naturels, le fil sacré est enroulé autour de l’oreille, afin de n’être pas souillé. Cela a donné naissance au geste de tourner le doigt devant l’oreille pour indiquer que l’on va aux toilettes. Plusieurs personnes m’ont dit qu’elles ne portaient pas le fil car c’était trop contraignant. C’est pas si facile, la vie de Brahmane !
Ce fil sacré est fabriqué par des jeunes filles Brahmanes, sa longueur est de 96 fois les quatre doigts d’un homme, ce qui équivaut à la hauteur de la personne.
Il est formé de trois cordes, chacune symbolisant l’une des trois dettes dont l’homme doit s’acquitter tout au long de sa vie : dette envers les ancients sages (rishis) qui ont fait passer la connaissance des védas à la postérité, envers les ancêtres qui ont transmis cette connaissance, envers les dieux représentant l’esprit suprême.
Chaque corde est elle-même formée de trois brins tordus ensemble, chacun symbolisant les trois qualités à partir desquelles l’univers entier se déplie (lumineux, sombre, ténébreux, ou subtil, médium, grossier) et qui attachent l’homme.
Les Trois brins sont attachés ensemble par un nœud nommé « Nœud de Brahm (Brahma, ou Brahman)
» : il symbolise la Trimurti
des dieux Créateur-Préservateur-Destructeur. D’autres nœuds sont faits sur le fil pour indiquer les différents ancêtres importants de la famille.
Le yajnopavitra est aussi associé :
aux trois temps passé-présent-futur.
aux trois états de conscience par lesquels passe l’homme : éveil-rêve-sommeil.
aux trois mondes terre-athmospère-ciel…
36. Dans la huitième année après la conception, l’initiation (upanayana) d’un brahmane doit être accomplie, dans la onzième année pour un kshatria, dans la douzième pour un vaisya.
37. L’initiation d’un brahmane qui désire des compétences dans l’étude doit prendre place la cinquième année après la conception, celle d’un kshatria qui souhaite devenir fort dans la sixième, et celle d’un vaishya qui souhaite le succès dans les affaires dans la huitième.
38. Le moment de l’initiation d’un brahmane à Savitri s’effectue après la seizième année, celle d’un kshatriya la vingt-deuxième année, et celle d’un vaisya la vingt-quatrième.
39. Après ces périodes, les hommes de ces trois castes qui n’ont pas reçu les sacrements au moment requis deviennent des vratyas (hors caste), sont exclus de l’initiation à Savitri et méprisés des Aryens.
40. Avec de tels hommes, s’ils n’ont pas été purifiés selon la loi, aucun brahmane ne doit jamais, même au temps de détresse, établir une connexion, ni par les Véda ni par le mariage.
41. Les étudiants, selon leur caste, portent une peau d’antilope noire, d’une biche à points, mâle, en vêtement supérieur. Pour vêtement inférieur un vêtement fait de chanvre, de lin ou de laine.
42. Le fil d’un brahmane consiste d’une triple corde d’herbe munga, lisse et douce ; celle d’un kshatria de la corde d’un arc, faite de fibre de murva ; celle d’un vaisya de fils de chanvre.
43. Si l’on ne peut se procurer ces herbes, le fil peut être fait avec le kusa, l’asmanthaka, et les fibres de balbaga, avec un seul triple nœud, ou avec trois ou cinq nœuds selon la coutume de la famille.
44. Le fil sacrificiel d’un brahmane doit être fait de coton, tordu vers la droite, et consite de trois fils. Celui d’un kshatria de fil de chanvre et celui d’un vaisya de fils de laine.
146. Entre le géniteur naturel et celui qui donne la connaissance des Véda, celui qui donne les Véda est plus vénérable que le père, car la naissance pour la sauvegarde des Véda assure une récompense éternelle à la fois dans la vie et après la mort.
147. Il doit considérer qu’il a reçu un existence animale lorsque ses parents l’ont procrée à partir de leur affection mutuelle, et lorsqu’il est né de l’utérus de sa mère.
148. La naissance procurée au moyen de la Savitri par un enseignant connaissant la totalité des Védas, et selon la loi, est réelle, libre de l’âge et de la mort.
149. L’élève doit savoir que cet homme aussi qui l’instruit dans les Védas, qu’il l’enseigne un peu ou beaucoup, est appelé son Guru, du fait du bénéfice que confère l’instruction dans les Védas.
176. Chaque jour, après s’être baigné et purifié, il doit offrir des libations d’eau aux dieux, aux sages et aux manes, vénérer les images des dieux, et nourrir le feu sacré.
177. Il doit s’abstenir de miel, de viande, de parfum, de guirlande, de substance utilisée pour rendre la nourriture plus savoureuse, de femme, de toutes nourritures devenues acides, et de blesser des créatures vivantes.
178. D’oindre son corps, d’appliquer du collyre dans ses yeux, de l’usage de chaussure et d’un parapluie ou d’une ombrelle, du désir sensuel, de la colère, l’envie, la danse, le chant et de jouer d’un instrument musical.
179. Des jeux d’argent, de disputes oisives, de médisances, du mensonge, de regarder et toucher une femme, et de faire mal aux autres.
180. Il devra toujours dormir seul, ne pas perdre sa semence car celui qui perd sa semence volontairement rompt son vœu.
181. Un élève deux fois né qui a involontairement gaspillé sa force virile durant son sommeil doit se baigner, vénérer le soleil, et ensuite murmurer par trois fois le Rik-verse qui commence par « encore que ma force me revienne ».
182. Qu’il aille chercher un pot plein d’eau, des fleurs, de la bouse de vache, de la terre et de l’herbe kusa, autant que son instructeur en requiert, et mendier sa nourriture quotidienne.
183. Un élève, étant pur, devra chaque jour apporter sa nourriture de maisons d’hommes connaissant les Véda et dans l’accomplissement de sacrifices, et renommés pour leur occupations licites.
Les lois de Manu, Chapître 1, traduit de l’anglais par elishams.
Photos de crémation sur Harishandra ghat à Benarès et cérémonie ici
Le fil sacré est réservé aux "deux fois nés" (dvija), c’est-à-dire, les brâhmanes (surtout !), les kshatriya-s et les VAISHYA-S (et non les shoudra-s comme vous l’affirmez...) : ce fil sacré veut dire que ceux qui le portent ont accès au rituel védique et à la Révélation des Védas...
Les shoudra-s n’ont pas à le porter.
Quand aux "Hors castes", les Védas n’en font pas mention (il n’y a que quatre varna-s selon l’optique hindoue pure et dure : pas plus, pas moins.)
Merci. Et cordialement.
« Brâhmanes, Kshatriyas, et Vaïshyas sont les "deux fois nés" (dvija, ce qui constitue la connaissance du Véda), mais la quatrième varna, les shoûdras, n’ont qu’une seule naissance. Il n’y a pas de cinquième varna. » — Manavadharmashâstra, L X, 4